Mardi 22 juillet à 21h

Saint-Côme d’Olt - Église

/2014 Concert – 22 juillet – Saint-Côme d’Olt
2014 Concert – 22 juillet – Saint-Côme d’Olt2016-12-02T23:43:17+00:00

6 tableaux

JOHAN HALVORSEN  Passacaille en sol mineur sur un thème de G. F. Haendel

1ère partie – L’adoration de la terre introduction – Danses des adolescentes – Jeu du rapt – Rondes printanières – Jeux des cités rivales – Cortège du sage – L’adoration de la terre – Danse de la terre -2ème partie – Le sacrificeIntroduction – Cercles mystérieux des adolescentes – Glorification de l’élue – Évocation des ancêtres – Danse sacrale – L’élue

Nicolas GOURBEIX violon  /  Jean-Marie TROTEREAU violoncelle

GILLES SILVESTRINI  I. Hôtel des Roches Noires à Trouville

Jacques TYS hautbois

ÉRIC DOLPHY  God bless the child

Manuel METZGER clarinette

GILLES SILVESTRINI  II. Potager et Arbres en Fleurs, Printemps Pontoise

FRANK BRIDGE  Lament

Jean-Charles MONCIÉRO alto  /  Geneviève STROSSER alto

GILLES SILVESTRINI  III. Scène de Plage. Ciel d’Orage – IV. Sentier dans les Bois

YAN MARESZ  Circunambulation

Céline NESSI flûte

GILLES SILVESTRINI  V. Boulevard des Capucines

MICHEL CORETTE  Les délices de la solitude opus 20 n°1

 Allegro – Aria – Allegro

Laurent LEFÈVRE basson  /  Jean-Marie TROTEREAU violoncelle

GILLES SILVESTRINI  VI. Ballet espagnol

ASTOR PIAZZOLA 3 tangos (arr. : A. Wiebecke-Gottsein)

1. J’attends – 2. Saint-Louis en l’Ile – 3. La Misma Pena

Nicolas GOURBEIX violon  /  Cédric CARLIER Contrebasse

Inspiré par un recueil d’histoire de l’art consacré à la peinture, Gilles Silvestrini imagine 6 tableaux pour hautbois qui jalonneront à merveille l’espace de l’église de Saint Côme, au fil d’un parcours coloré et riche en aventures musicales.

Agé d’une vingtaine d’années, Gilles Silvestrini écrivit les six Etudes pour hautbois à la demande de Jacques Tys, qui les créa aux Etats-Unis en 1996 dans le cadre d’un grand congrès d’anches doubles (IDRS). Elles ont été par la suite légèrement remaniées.

Bien que l’écriture soit très classique, l’objectif était de trouver des couleurs inédites, d’élargir les possibilités du hautbois, d’évoquer par moments d’autres instruments, comme la harpe ou la guitare, et surtout d’exprimer l’univers impressionniste dans ce qu’il a de spontané, de sensuel et de sensitif. Le compositeur nous invite à écouter ces tableaux :
• Hôtel des Roches Noires à Trouville de Monet : Ciel bleu, vent, mer verte. Bonheur d’une journée d’été. Contraste avec l’hôtel de luxe et les estivants mondains.
• Potager et arbres en fleurs, printemps, Pontoise de Pissaro : Pluie de printemps insistante. Dès l’éclaircie, concert d’oiseaux fébriles au moment des nids.
• Boulevard des Capucines de Monet : Neige et carnaval à Paris. Contraste entre l’hiver figé et la foule jamais lasse.
• Sentier dans les bois de Renoir : Enfant s’enfonçant dans un bois au plus fort de l’été. Silence pesant. A peine quelques insectes. Mystère.
• Scène de plage, ciel d’orage de Boudin : L’orage menace, les mondains bavardent tranquillement. Les crinolines éclatent de blancheur, les drapeaux claquent au vent.
• Le ballet espagnol de Manet : Musiciens effarés, danseuses pétrifiées. La musique tarde à venir. Enfin, déferlement d’espagnolades – bouffonnes, certes, mais virtuoses ! Place à la mise en scène, à l’invention, le parcours alterne tableaux et surprises : à partir d’un grand « tube » du classique, la Passacaille de Haendel, Halvorsen met en scène violon et violoncelle dans un dialogue enflammé, tantôt virtuose, tantôt d’une tendresse infinie.

Pour sa voix chaude et teintée d’une mystérieuse nostalgie, l’alto convient mieux que tout autre à l’expression intime des sentiments. Le dialogue du Lament de Frank Bridge nous transporte dans l’univers musical intemporel de la tradition élisabéthaine. Puis la Flûte entreprend de tisser à elle seule les complexes polyphonies de Yann Maresz, tandis que Michel Corette nous convainc sans peine des délices de la solitude, avec sa très belle et très inspirée sonate pour basson et violoncelle. Enfin, l’ultime tableau de Silvestrini s’efface devant le cortège du concert et l’universalité festive et chaleureuse de Piazzola. C’est Nadia Boulanger qui, après avoir écouté l’un de ses tango dira : «Cela est beau, j’aime beaucoup, voilà le vrai Piazzolla, ne l’abandonnez jamais». Ce fut la grande révélation de sa vie. Paris et sa pédagogue avaient modelé un tanguero nouveau, l’un des plus grands, en lui ouvrant la voie de l’universalité. Le génie musical de Piazzolla élève une seule petite forme, le tango, pour arriver à en faire le véhicule de l’expression d’une grande profondeur et d’une grande portée. Bien que le compositeur possède une grande culture musicale lui permettant de composer musique instrumentale et théâtrale classique, c’est dans les cafés et les bars que sa musique, profondément enracinée dans la culture de Buenos Aires, rencontra le plus grand succès.

Textes : Philippe Pierre