Correspondances avec Franz Schubert

Festival en Vallée d'Olt 2015

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Correspondances avec Franz Schubert2016-12-02T23:43:14+00:00

Mon très cher Franz,

J’espère que ta santé est bonne depuis notre dernière rencontre à Vienne, la soirée au café m’a laissé un souvenir inoubliable, les mélodies que tu as composées sur les textes que Schulze venait juste d’écrire à ton attention résonnent encore dans ma mémoire comme autant d’instants de bonheur partagés avec tes amis, Vogl, Schonstein, Schober, Bauernfeld. Je t’avais parlé ce soir-là de mon Festival sur les berges du Lot, en Aveyron. Saint-Geniez n’est pas Vienne, le Lot n’est pas le Danube, mais je suis certaine que le charme de cette vallée te toucherait profondément, toi qui ne quittes ta ville natale que pour les séjours d’été à Graz.
La douceur du climat te permettrait sans doute de terminer ton opéra en projet.

Aussi, je me suis rappelé de cette magnifique sérénade (Ständchen) que tu as composée il y a peu sur un texte de Grillparzer, juste à la suite des Voyages en Hiver (Winterreise) et qui deviendront à n’en pas douter un « tube » de la musique classique pour les siècles prochains. La Sérénade sera le thème central, et le festival ton festival si tu le veux bien, alors, n’hésites pas à nous rendre visite au mois de juillet, un peu de fraîcheur des rives du Lot te rendrait la santé, et tu retrouveras certainement une partie de l’ambiance des soirées que tu aimes tant, passées à composer et à chanter au piano, dans l’un des cafés du bord du Lot, dans la convivialité des musiciens et des stagiaires présents pendant ces deux semaines.

Réponds-moi vite, j’attends de tes bonnes nouvelles avec impatience.
Affectueusement et bien à toi.
Céline

Ma chère Céline,

Il est vrai que le projet d’Opéra qui me tient tant à cœur serait certainement le moyen de rivaliser enfin avec Rossini, dont les Opéras sont tellement en vogue actuellement, et que le climat aveyronnais me changerait très certainement de la pesanteur figée des étés viennois.

Pourtant je ne me sens plus suffisamment en bonne santé actuellement pour entreprendre un tel voyage, mais, comme je sais que tu es toujours à la recherche de programmations, je t’envoie bien volontiers quelques partitions de musique de chambre que j’avais rassemblé
pour un prochain concert au Musikverein ; les voici en désordre, il y a là certaines de mes pages préférées, Beethoven bien sûr, dont nous parlons souvent avec le baron Schönstein et mon très cher Spaun, mais également d’autres pages de musique que j’aimerais te faire partager de Leopold Anton Kozeluch et tant d’autres. À toi de les assembler comme bon te semblera.

Franz Schubert

Mon très cher Franz,

Grâce à ces trésors de partitions que j’ai reçus de ta part, je vais avoir la possibilité de proposer des programmes comme je les aime, à la fois classiques et variés, alliages des sonorités chaudes des bois et de l’expressivité des cordes, visitant les styles musicaux de toutes les époques en les associant aux trésors architecturaux du nord Aveyron. À ce sujet, tu ne m’en voudras pas de l’ajout de quelques œuvres à venir, de compositeurs que tu aurais aimé rencontrer si la maladie ne t’avait emporté si jeune, Kodaly, Elgar, Schulhof et quelques autres.

Je suis très impatiente d’entendre à nouveau ta musique, voici les programmes imaginés pour ce bel été musical en Aveyron…