Lundi 27 juillet 2015 à 18h30

Saint-Geniez - Auditorium

/2015 Concert – Lundi 27 juillet 18h30 – Saint-Geniez – Auditorium
2015 Concert – Lundi 27 juillet 18h30 – Saint-Geniez – Auditorium2016-12-02T23:43:14+00:00

CAMILLE SAINT-SAËNS (1835-1921)
Sonate pour basson & piano en sol M op 168

I Allegretto moderato – II Allegro scherzando – III Allegro moderato

Laurent LEFÈVRE basson / Nicolas MALLARTE piano

FRANZ SCHUBERT (1797-1828)  
Impromptu n° 1 op 90 en do m &
Impromptu n° 3 op 142 en si b M

Nicolas MALLARTE piano

SERGE PROKOFIEV (1891-1953)
Sonate op 94 pour flûte et piano

I Andantino – II Allegro – III Andante – IV Allegro con brio

Céline NESSI flûte / Nicolas MALLARTE piano

Camille Saint-Saëns : Sonate pour basson & piano en sol M op. 168

Voici un exemple de spiritualité et de trans­parence comme tu les aimes. Camille Saint-Saëns offre au basson un répertoire nouveau, et à la musique française une nouvelle lettre de noblesse. Le premier allegretto moderato est noble, paisible, et la rencontre avec le piano apporte parfois de piquantes dissonances. L’Allegro Scherzando est une pochade au second degré, domaine privilégié du compositeur, dont les accents espagnols tirent des effets bouffons de l’instrument. Le calme revient avec un adagio mélancolique, puis un pied de nez magistral, à la Mozart, vient clore de façon enjouée la sonate.
Je vais te confier un secret : j’ai tellement rêvé des mélodies du voyage d’hiver, j’aime à retrouver l’esprit de ces pages dans tes impromptus des années 1827.

Franz Schubert : Impromptus n° 1 et n°3

Voici l’une de tes expressions suprêmes, toi le voyant, le voyageur, révélant au détour d’une mélodie et de sa nudité originelle, la sombre fatalité, la majesté sépulcrale. Le premier impromptu est une de ces mélodies incantatoires dont tu as le secret, soulignées de triolets volontairement uniformes et de basses profondes. Envoûtante, la fin demeure suspendue entre modes majeurs et mineurs, le majeur l’emportant enfin au détour d’un mystérieux dégradé.
Le troisième possède également un caractère sacré très affirmé, et se déroule sur de paisibles triolets évoquant les harpes célestes. Ardente prière, jeu pianissimo, sentiments irréels recréés ici à Saint-Geniez sous les doigts de Nicolas Mallarte. Quel bonheur !

Serge Prokofiev :
Sonate op. 94 pour flûte et piano

Voici une pièce que je voulais absolument te faire entendre. Voici le grand répertoire de la flûte au XXème siècle (un peu volé par le violon, il est vrai, mais on peut tout pardonner à David Oïstrakh), ouvrant sur un Andantino au caractère Haendélien et résolument classique. Le deuxième mouvement, Allegro, est un véritable scherzo, joueur, spirituel. Deux cellules rythmiques s’y opposent, l’une binaire, l’autre ternaire, dans un impitoyable carcan à trois temps.
Romance très expressive, l’andante du troisième mouvement est suivi d’un allegro con brio exubérant et parodique. Débutant sur des sonorités d’Orphéon, la marche se métamorphose en périlleuses excentricités pianistiques, tandis que la flûte virtuose pétille de virtuosité, avant une récapitulation finale couronnée d’un puissant accord final en ré majeur.

Textes : Philippe Pierre