Jeudi 30 juillet 2015 à 21h

Saint-Geniez - Cour des cloîtres

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2015 Concert – Jeudi 30 juillet à 21h – Saint-Geniez – Cour des Cloîtres2017-03-24T15:56:13+00:00

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EDWARD ELGAR Serenade en mi m. op 20

I Allegro piacevole – II Larghetto – III Allegretto

ORCHESTRE DE L’ACADÉMIE – Direction : Amaury COEYTAUX

FRANZ SCHUBERT (1797-1828) Octuor en fa M D 803

I Adagio – Allegro – Più allegro – II Adagio  – III Allegro vivace – Trio – Allegro vivace – IV Andante – variations. Un poco più mosso – Più lento – V Menuetto. Allegretto – Trio – Menuetto – Coda – VI Andante molto – Allegro – Andante molto – Allegro molto.

Vincent PENOT clarinette  /  Jérôme ROUILLARD cor  /  Laurent LEFÈVRE basson  /  Julien DIEUDEGARD violon  /  Manuel SOLANS violon  /  Geneviève STROSSER alto  –  Pauline BARTISSOL violoncelle  –  Yann DUBOST Violoncelle

Edward Elgar : Serenade en mi m. op. 20
La Sérénade opus 20, composée en 1892, certes moins connue que ses symphonies ou ses concertos, pourrait être jugée comme une œuvre mineure. Cependant, malgré un titre réservé à une musique légère (la sérénade est en effet une forme musicale historiquement exécutée le soir en plein air, à l’occasion d’une fête), et l’influence conjuguée de Wagner et de Brahms, on entrevoit déjà le génie propre du compositeur autodidacte. L’Allegro piacevole, tout empreint de mélancolie contenue, s’ouvre sur un motif rythmique aux altos qui jalonne tout ce premier mouvement où Elgar soutient les grands dessins mélodiques des violons par une harmonie romantique. Mais c’est surtout dans le deuxième mouvement, un Larghetto d’une profonde chaleur expressive, que le musicien semble s’abandonner, utilisant une palette dynamique très large, un mouvement très flexible, et surtout des appoggiatures issues du Romantisme. Le troisième, quant à lui, d’atmosphère assez sereine, utilise de nombreux éléments rythmiques tirés du premier mouvement pour en reprendre finalement le deuxième thème de l’intriguant motif rythmique initial, qui ne s’efface qu’avant les trois accords conclusifs.
Enfin, touchant à l‘ultime voyage, le dernier bonheur musical sera ce magnifique Octuor, miroir du septuor de Beethoven, donné en concert d’ouverture.

Franz Schubert : Octuor en fa M D 803
Ton Octuor est probablement un des chefs-d’œuvre absolus de la musique de chambre, de ceux qui s’inscrivent en priorité dans les répertoires les plus universels de la musique classique.
Pourtant, l’œuvre fut écrite rapidement en février 1824, sur une commande du comte Ferdinand Ployer, avec la condition très précise que l’œuvre devait s’inspirer du septuor de Beethoven, alors très en vogue dans les cercles musicaux Viennois. Sans doute Schubert prit-il grand plaisir à s’inspirer du modèle de son maître et ami. Il y a de ce fait de nombreux points de concordance entre l’octuor et son modèle Beethovénien ; cela va de l’architecture générale de l’instrumentation à l’agencement des tonalités. La seule différence significative réside dans l’apport d’un violon supplémentaire, donnant encore plus d’ampleur à la partition. Si le climat général de l’Octuor est résolument optimiste, sa composition se situe dans une période difficile de la vie de Schubert. Il écrit peu après la composition de l’octuor : « Figure-toi un pauvre diable dont la santé ne se rétablira plus, dont les plus brillantes espérances ont avorté, à qui les joies de l’amour et de l’amitié n’ont apporté que souffrance et douleur, dont l’enthousiasme pour le beau risque de s’éteindre. Chaque nuit quand je m’endors, je souhaite de ne plus me réveiller. ». Voilà qui explique probablement les ombres que l’on perçoit çà et là au détour d’une phrase, mais la mélancolie n’atteint jamais le tragique.
Dans l’instrumentation, la clarinette assure un rôle prépondérant, le basson reste plus effacé. Dans les cordes, l’ensemble est plus homogène, avec toutefois une présence plus affirmée du premier violon.
Par le nombre important de mouvements, on s’approche plus de la structure du divertimento : le premier Adagio/Allegro s’ouvre sur un grand tutti qui contient déjà les germes des thèmes suivants. Le premier thème de l’Allegro se construit sur un rythme pointé omniprésent jusqu’au cinquième mouvement. Le second thème semble plus angoissé, et l’alternance ambiguë Majeur/mineur est exploitée à la clarinette puis au cor. Ce second thème réapparaîtra au cor dans une très poétique coda conclue par deux accords.
L’Adagio étire son chant d’une grande tendresse dans une atmosphère qui annonce les futures «Romances sans paroles» de Mendelssohn. A la clarinette succède le premier violon, menant le dialogue entre cordes et vents. La deuxième séquence est plus agitée, en Sol bémol, puis le troisième thème se partage entre cordes et vents. Vers la fin du mouvement, l’atmosphère se fait plus sombre avec le registre presque étrange de la clarinette sur l’accompagnement des pizzicati des cordes.
Allegro vivace est un scherzo plein de vie, sans doute le mouvement le plus heureux de la partition, dont l’ostinato rythmique se rapproche de la Septième symphonie de Beethoven. Le trio central se construit autour du sombre contrepoint du violoncelle.
Le quatrième mouvement Andante s’inspire d’un «singspiel» écrit en 1815 : «Die freunde von Salamanka». C’est un thème charmant confié au violon puis repris par la clarinette. Succèdent ensuite sept variations mettant tour à tour les instruments en valeur : violon, puis clarinette et basson, cor, violoncelle. La dernière variation développe une impression de joyeuse gaieté et semble dissiper les orages passagers.
Le Menuetto allegretto est bon enfant, teinté d’une très légère tristesse. Le trio apparaît à l’improviste, petit orchestre de village dont le «violoneux» dialogue avec les vents ; de nouveau le cor est choisi pour mener la coda.

Textes : Philippe Pierre