Samedi 20 juillet à 18h30

Saint-Geniez d’Olt et d’Aubrac - Auditorium

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2019-concert-20-juillet-a-18h30-saint-geniez-d-olt-et-d-aubrac-auditorium2019-04-12T18:50:01+00:00

PIOTR ILITCH TCHAIKOWSKY (1840-1893) – Trio en la majeur Op. 50

Violon Julien Dieudegard / Violoncelle Juliette Salmona / Piano Nicolas Mallarte

Carl Frühling

Trio en la mineur

La belle formation de trio avec piano, clarinette et violoncelle a inspiré depuis Beethoven un riche répertoire qui ne cesse de s’accroître.
Celui de Carl Frühling, compositeur autrichien ayant vécu à Vienne (1868-1937), date de 1900. Il est composé dans un style romantique, comme le célèbre Trio de Johannes Brahms (1891). Cela est perceptible dès le premier mouvement : même langage harmonique, même tonalité de la mineur, lyrisme et abondance mélodique dans ce mouvement où d’emblée les deux instruments mélodiques se répondent et se croisent. Effectivement, le violoncelle se voit confier de belles initiatives thématiques dans un registre qui le rapproche de celui de la clarinette, le piano se faisant accompagnateur.
On trouvera une attribution similaire des rôles dans le mouvement de scherzo, qui est une valse viennoise aimable avec un trio central plus animé.
Dans le mouvement lent qui suit, la personnalité du compositeur se manifeste par une recherche de sobriété au début, avant que ne réapparaissent des thèmes porteurs d’une certaine anxiété et que la tension soit portée à son paroxysme. Grâce à un petit motif chromatique d’abord anodin, le calme revient peu à peu, permettant le retour au début de ce Lento.
Le final rythmique montre quelques affinités avec la danse populaire, le piano assurant une présence énergique au sein du tutti, tandis que la coda conclut brillamment ce trio.

Bohuslav Martinů

Quatuor

Bohuslav Martinů, compositeur tchèque (1890-1959), peut être considéré comme le quatrième grand nom de la musique de son pays, avec Dvořák, Smetana et Janáček. Il se fixe à Paris de 1923 à 1940, où il se forme auprès d’Albert Roussel et séduit par la musique de Claude Debussy, il est influencé par le goût français. Mais sa musique étant considérée comme «  dégénérée  » par les nazis, il se réfugie aux États-Unis de 1941 à 1953, avant de revenir en Europe, notamment en Suisse. Son abondante production totalise plus de quatre cents ouvrages dans tous les genres.
Affectionnant particulièrement la musique de chambre, voilà ce qu’il écrit vers la fin de 1946 : «  Je suis toujours davantage moi-même lorsque je commence à composer de la musique de chambre : je ne puis exprimer la joie avec laquelle je conduis ces quatre voix. L’homme se sent comme chez lui dans un quatuor  ».
Cette écriture polyphonique se remarque dès le début du premier mouvement du Quatuor avec hautbois, où un petit motif rythmique circule joyeusement comme en canon d’un instrument à l’autre. On perçoit nettement l’autonomie de chacune de ces quatre voix et leur complémentarité.
Le second mouvement enchaîne trois tempos de caractères différents  : après quelques accords introductifs du piano, une mélodie ternaire chante avec souplesse d’un instrument à l’autre. L’esprit de divertissement finit par l’emporter dans une saine jovialité.
Daté de 1947, ce Quatuor avec hautbois fait partie de ces quelque quatre-vingt-dix œuvres de musique de chambre écrites par Martinů ; elles sont encore trop méconnues  !

Antonín Dvořák (1841-1904)

Trio n°4 op.90 «Dumky»

Le 2ème Trio «  Dumky  » avec piano d’Antonín Dvořák est composé en 1890-91, dans une période très riche pour sa carrière, alors qu’il vient d’être nommé professeur de composition au conservatoire de Prague, et qu’il est sollicité pour prendre la direction du jeune conservatoire de New York. L’œuvre sera jouée une quarantaine de fois avant son départ pour les USA. Il la décrit ainsi  : «  il s’agit de petites pièces pour violon, violoncelle et piano  . Elles seront à la fois gaies et tristes. Par endroits comme un chant introspectif, ailleurs comme une danse joyeuse, mais dans un style léger, j’oserais même dire populaire ».
C’est une succession de six «  dumky  ». Une «  dumka  » est une forme instrumentale fantasque, libre improvisation d’humeur changeante et capricieuse, inspirée de motifs populaires slaves. Les changements de tempo, de phrasé, et les contrastes entre mode majeur et mineur donnent l’impression de la spontanéité de la vie comme de l’humeur. L’usage des intervalles irréguliers, le fait de procéder souvent par répétition et par accumulation d’énergie évitent de devoir développer les thèmes selon la forme classique du développement.
Dvořák alterne sections lentes et vives, et conclut son œuvre par un rondo avec introduction lente, qui s’achève par un véritable feu d’artifice.

Textes sur les concerts 2018 de Marie-Christine Couturier, Danielle Fardou et Christian Clavère.