Vendredi 19 juillet à 18h30

Saint-Geniez d’Olt et d’Aubrac - Auditorium

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2019-concert-19-juillet-a-18h30-saint-geniez-d-olt-et-d-aubrac-auditorium2019-04-12T18:38:49+00:00

NICOLAÏ RIMSKY-KORSAKOV (1844-1908) – Quintette en sib Majeur

Flûte Céline Nessi / Clarinette Vincent Penot / Cor rôme Rouillard / Basson Laurent Lefèvre / Piano Nicolas Mallarte

WOLFGANG AMADEUS MOZART (1756-1791) – Quatuor n° 1 KV 478

Violon Julien Dieudegard / Alto Grégoire Vecchioni / Violoncelle Juliette Salmona / Piano Nicolas Mallarte

Antonín Dvořák

Sonatine en sol Majeur, op.100

Dernière des partitions achevées aux USA, la Sonatine fut écrite fin 1893 à New York et reçut symboliquement le numéro d’opus 100 comme pour fêter le retour au pays et la dédicace du compositeur à ses enfants de dix et quinze ans.
Bien que construite en quatre mouvements de structures extrêmement classiques, le terme «  Sonatine  » révèle l’esprit enfantin, sans prétention, choisi pour cette véritable «  Sonate  ». Dvořák ajoute d’ailleurs que «  les adultes peuvent y prendre plaisir à leur manière » …
On y retrouve le caractère de Dvořák positif et heureux, manifesté par un style simple et détendu, plein de finesse et d’humour.
Le premier mouvement Allegro illustre parfaitement cette légèreté, avec le jaillissement des trois idées mélodiques, alternant modes majeur et mineur.
Le nostalgique Larghetto porte le sous-titre de Légende. Son thème fut noté lors d’une visite de l’auteur aux chutes de Minehaha en 1893. C’est pourquoi ce mouvement à succès est joué sous des noms et arrangements divers : Lamento Indien, Berceuse Indienne…
Les deux mouvements vifs qui suivent, dans une franche allégresse, tirent leur couleur américaine du travail rythmique et de l’usage des syncopes, peut-être issu du boogie-woogie !

Fryderyk Chopin

Valse op.64 n°1, Nocturne op.27 n°2, Ballade op.52 n°4

Ce «  récital Chopin  » choisit par Nicolas Mallarte, se présente comme un triptyque dans lequel le tableau principal serait la Ballade n°4, œuvre emblématique du compositeur, la Valse et le Nocturne figurant deux autres aspects de son style.
C’est notamment par sa virtuosité et la facilité de son jeu, notamment dans les danses (mazurkas, polonaises, valses…), telle cette Valse op.64 n°1, dite «  Valse minute  », brillante et séduisante œuvre de salon, que le jeune Chopin, dès 1831, avait séduit le public averti des salons à la mode, à Varsovie ou à Paris.
Le Nocturne op.64 n°2, rêveuse et nostalgique, est une incarnation parfaite du romantisme.
C’est aussi dans le cadre intime des salons que le génial improvisateur Chopin a assis sa réputation légendaire  : même si ce Nocturne est une pièce écrite, il a les caractéristiques du piano improvisé : sur un accompagnement régulier d’arpèges de la main gauche se déploie à la main droite un chant expressif et libre, liberté rythmique que l’on appelle aussi «  rubato  », ainsi qu’une ornementation volubile et délicate qui nous laisse deviner l’instrumentiste laissant libre cours à son imagination et au plaisir, virtuose, de faire glisser ses doigts sur le clavier.
Tableau central de notre triptyque, la 4ème Ballade en fa mineur révèle le Chopin parfaitement maître de l’écriture pour piano et de l’expression des sentiments les plus extrêmes.
Cette œuvre très accomplie peut s’entendre comme une succession de «  vagues  » en crescendos allant de la douceur à la passion la plus violente, ou de la berceuse au désespoir. L’analyse de cette œuvre nous fait repérer deux thèmes développés tour à tour  : le premier empli d’une grande tristesse et le second, en majeur, plus paisible et toujours sur le balancement ternaire.
Dans cette pièce sont aussi concentrées toutes les qualités précédemment nommées, jointes à une science harmonique élaborée, riche et novatrice  !
Composé en 1842 à Nohant dans la période faste et tumultueuse de la liaison de Chopin avec l’écrivain George Sand, ce chef-d’œuvre est l’un des sommets de la littérature romantique de piano  !

Félix Mendelssohn

Lied ohne Worte op.109

Félix Mendelssohn est né à Hambourg en 1809 dans une famille aisée où les quatre enfants reçoivent une excellente éducation, qui privilégie l’aspect artistique. À neuf ans, il commence à composer, grâce notamment à l’influence de professeurs tels que Luigi Cherubini. Au cours de sa carrière, il voyage en Europe  : Angleterre, Italie puis Paris. Il occupe des postes prestigieux en Allemagne (direction musicale de concerts) et à Londres, où il dirige l’Orchestre Philharmonique. Il rencontrera et sympathisera avec Chopin, Berlioz et Schumann. Il meurt à Leipzig en 1847, en laissant une œuvre abondante et brillante.
Mendelssohn a composé deux sonates pour violoncelle et piano, mais aussi cette Romance sans paroles, tard venue au catalogue de ses compositions pour ces deux instruments. C’est une miniature de forme tripartite, dont la mélodie fervente est construite sur une harmonie subtile. Au contraire des autres Romances sans paroles pour piano seul, cette page choisie par Marie Hallynck et Muhiddin Dürrüoglu fut publiée à titre posthume plus de vingt ans après la mort du compositeur. Comme un écho léger et bouleversant d’une trop brève vie d’artiste…

Dmitri Shostakovich (1906-1975)

Trio n°1 en do mineur, op.8

Né à Saint-Pétersbourg en 1906, Dmitri Chostakovitch est un compositeur russe dont la vie et la carrière se sont déroulées au cours de la période soviétique. Il a construit une œuvre entre soumission et contestation, qui contribue, par sa force et son dramatisme exacerbé, à faire de lui une figure majeure de la musique du XXème siècle. Il est l’auteur de quinze symphonies, de plusieurs concertos et opéras, et d’une musique de chambre abondante.
Le premier Trio de Chostakovitch, composé en 1923, témoigne d’une sûreté de forme qui étonne sous la plume de celui qui est encore étudiant au Conservatoire. Sa personnalité s’y affirme déjà dans toute sa puissance et sa complexité  : pessimisme sombre, optimisme pour conjurer le désespoir, lyrisme de la foi en l’homme.
Tel est d’ailleurs le plan de ce trio, en un seul mouvement où tout est dit. Un motif initial présenté sous des visages opposés (plaintif et jubilatoire), auquel va succéder un deuxième thème lyrique qui va se trouver confronté, dans le développement, aux deux aspects du premier thème, avant d’être mêlé à eux dans des superpositions contrapuntiques. Vient ensuite la réexposition, où le retour de la plainte est suivi du chant lyrique, qui semble l’emporter et mener à la jubilation, mais une brève coda vient pourtant jeter une ombre sur la conclusion.

Textes sur les concerts 2018 de Marie-Christine Couturier, Danielle Fardou et Christian Clavère.