Vendredi 28 juillet à 21h

Cour des Cloîtres de Saint-Geniez d'Olt

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2017-concert-28-juillet-a-21h-Cour-des-cloitres-Saint-Geniez-d-olt2018-01-03T20:57:57+00:00

JOHANNES BRAHMS – 3ème mouvement de la 3ème Symphonie

Céline Nessi Flûte / Jacques Tys Hautbois / Vincent Penot Clarinette / Benjamin Chareyron Cor / Laurent Lefèvre Basson / Éric Lacrouts Violon / Nicolas Gourbeix Violon / Julien Dieudegard
 Violon / Geneviève Strosser Alto / Marie Hallynck Violoncelle / Guillaume Martigné Violoncelle / Yann Dubost Contrebasse

JOHANNES BRAHMS – Danses hongroises 1-2 -3-4-5

Nicolas Gourbeix Violon / Orchestre à cordes de l’Académie

BOHUSLAV MARTINU – Nonet n° 2

Céline Nessi Flûte / Jacques Tys Hautbois / Vincent Penot Clarinette / Benjamin Chareyron Cor / Laurent Lefèvre Basson / Éric Lacrouts Violon / Geneviève Strosser Alto / Guillaume Martigné Violoncelle / Yann Dubost Contrebasse

— ENTRACTE —

JOHANNES BRAHMS – Sérénade n°1 op. 11

Céline Nessi Flûte / Jacques Tys Hautbois / Vincent Penot Clarinette / Benjamin Chareyron Cor / Laurent Lefèvre Basson / Nicolas Gourbeix Violon / Geneviève Strosser Alto / Guillaume Martigné Violoncelle / Yann Dubost Contrebasse

Séquence VIII : Exils et passions romantiques

JOHANNES BRAHMS (1833-1897)
Danses hongroises 1 – 2 – 3 – 4 – 5

D’une grande sociabilité et fidèle dans ses amitiés, Brahms aimait pourtant passer l’été dans la solitude des Alpes Autrichiennes. Ayant acquis une grande renommée, il finit par afficher une certaine suffisance et une corpulence physique, bien connue par certaines photographies et dessins le représentant en train de diriger ou de jouer du piano.
Les Danses Hongroises composées entre 1869 et 1880 contribuèrent pour une grande part à la réputation de leur auteur. En opposition avec le Germanisme profond de ses symphonies, c’est le sentiment de réel plaisir qu’il exalte, venant en droite ligne des soirées viennoises, au cours desquelles il entendit souvent les musiciens tziganes dans les cafés, interprétant une musique qu’il ne dédaigna jamais de reprendre, ainsi que Clara Schumann, en fin de récital.
Le succès fut tel qu’une grande quantité d’orchestrations et d’imitations virent le jour immédiatement après leur parution. Vexé, son vieil ami, le violoniste Eduard Reményi, l’accusa même de vol, poussant l’éditeur Simrock à publier une brochure en 1897 : « Une défense, J. Brahms et les Danses Hongroises ».
Tenant beaucoup à sa version pour piano à quatre mains des danses, il écrivit à son éditeur : « je les ai conçues pour quatre mains ; si je les avais faites pour orchestre, elles seraient différentes ». Néanmoins, il encouragea son ami Dvorak à en orchestrer quelques-unes, et réalisa lui-même les numéros 1, 3, et 10, toutes les autres versions, innombrables, étant apocryphes.
À la différence de Reményi, le violoniste Joseph Joachim resta en bons termes amicaux avec Brahms et reçut l’approbation de ce dernier pour l’arrangement de quelques numéros avec violon et accompagnement de piano. Cette version inscrite au répertoire des violonistes a depuis été réorchestrée pour diverses occasions, et c’est dans une version arrangée par Philippe Pierre que l’orchestre les interprétera aujourd’hui, avec Nicolas Gourbeix en soliste
Le premier Allegro molto en sol mineur est une csardas, littéralement danse d’auberge, construite sur un thème expressif et de riches contrastes, solidement campés sur des basses syncopées. Le thème est celui d’une csardas de Särkozy. (!)
Poco allegretto est marqué d’un caractère très « Brahmsien », avec une grande nostalgie dans sa première partie, suivie d’un épisode central plus vif.
Enfin, Allegro, parmi les plus célèbres, est emprunté au « Souvenir de Bartfai » de Kéler Bela. La section centrale, vivace, possède des accélérations et des ralentissements typiques
Poco sostenuto est une des plus belles danses, architecturée en trois sections, inspirée de « Souvenir de Kalocsay » de Merty. Brahms imite avec bonheur les tournoiements de la danse, les claquements de talons, les coups de fouet, la sonorité de l’orchestre tzigane.
La cinquième danse ne manquera pas de faire surgir en cette belle soirée d’été les inoubliables séquences du barbier dans le dictateur de Charlie Chaplin.

BOHUSLAV MARTINU (1890-1959)
Nonette

Miné par le cancer, Martinu conçoit pour les 35 ans du Nonet Tchèque un testament musical qui pourrait aisément bousculer l’hégémonie musicale de Brahms et d’autres grands maîtres de la musique. Comme chez le dernier Mozart, le sentiment le plus profond et la sagesse lucide de l’expérience de toute une vie se dissimulent sous la grâce d’un divertissement et la souriante pudeur de l’expression. C’est l’œuvre la plus intimement tchèque de son auteur, non seulement par sa destination, mais aussi par l’intense nostalgie de l’exilé marqué par la mort vers sa patrie inaccessible. Il suffit de se laisser guider pour découvrir l’intense signification de cette œuvre, pour écouter chanter l’âme profonde du compositeur, et devenir soi-même, l’espace d’un instant, un exilé réalisant que la mort approchant anéantira tous les espoirs de retour vers les siens. Le Poco allegro initial évoque avec force une fanfare villageoise jouant avec entrain une vigoureuse marche. L’Andante suivant est le plus bouleversant, et sonne la fin des rêves. Mais Martinu évite toute insistance, et achève pudiquement le mouvement dans une contemplation paisible de l’éternelle beauté. La danse finale s’approche à petits pas, presque hésitante avec un solo de violon, puis une danse animée en forme de rondo. Un hymne ample et ensoleillé vient clôturer le mouvement : « prairies et forêts de Policka » est dédié à la ville natale de Martinu, avant de s’évanouir dans un pianissimo à la tendresse infinie, expression de sentiments dont seuls les compositeurs tchèques ont le secret.

JOHANNES BRAHMS (1833-1897)
Sérénade n°1 op. 11

Composée à la cour de Detmold où Brahms avait pris connaissance de celles de Mozart, la Sérénade est un hommage aux divertissements musicaux du XVIIIème siècle, autant qu’un précurseur annonçant le retour en force de cette forme musicale chez les romantiques, Dvorak et Tchaïkovski principalement. Datée de 1858 et créée en 1859 à Hambourg sous la direction du violoniste Joachim, cette sérénade revient à Saint Geniez sous sa forme originale, conçue pour un ensemble de chambre, octuor ou nonetto. Le premier mouvement, énergique et enjoué, utilise un thème d’allure populaire exposé au cor puis à la clarinette. Le scherzo suivant contraste par son usage constant des rythmes syncopés : son thème annonce le scherzo du deuxième concerto pour piano. Un instant de méditation avec l’Adagio ma non troppo précède l’épisode très viennois des deux menuets. Un second scherzo, robuste et sans grande originalité vient appuyer le premier, préparant le rondo final, très lumineux, rebondissant à plaisir de ses rythmes pointés, et retrouvant ces inflexions populaires si chères à son créateur.

Et maintenant, Aimez-vous Brahms ?

The End

Générique de fin…

Textes : Philippe Pierre