Mardi 25 juillet à 21h

Église de Lavernhe (commune de Séverac d’Aveyron)

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2017-concert-25-juillet-a-21h-Lavernhe (commune de Séverac d’Aveyron)2018-01-03T20:51:57+00:00

FRANTIŠEK JIRÁNEK – Concerto pour basson en sol mineur

Laurent Lefèvre Basson / Nicolas Gourbeix Violon / Éric Lacrouts Violon / Geneviève Strosser Alto / Guillaume Martigné Violoncelle / Yann Dubost Contrebasse

MAURICE RAVEL  – Sonate pour violon & violoncelle en do majeur

Julien Dieudegard
 Violon / Marie Hallynck Violoncelle /

PETERIS VASKS – Bass trip

Yann Dubost Contrebasse

JOHANNES BRAHMS – Quintette pour clarinette et cordes, op. 115

Vincent Penot Clarinette / Nicolas Gourbeix Violon / Julien Dieudegard
 Violon / Geneviève Strosser Alto / Guillaume Martigné Violoncelle

Séquence VI : Vers des horizons inconnus

FRANTISEK JIRANEK (1698-1778)
Concerto pour basson en sol mineur

Selon les canons esthétiques du 18ème siècle, l’introduction alterne mouvements lents recueillis et nobles et épisodes plus animés. L’écriture riche en imitations et en chromatismes se réfère beaucoup à l’art d’un Vivaldi ou d’un Geminiani, et le personnage concertant sied à merveille au basson solo. Le mouvement central se doit d’être adagio, assorti d’une basse d’harmonie et d’une écriture dépouillée. Le rythme ternaire de l’Allegro final est entrecoupé de silences, respirations mettant en valeur la carrure quaternaire des phrases. Les variations en triolets mettent en avant la vélocité du basson, lequel s’efface, laissant l’ultime reprise thématique à l’orchestre.

MAURICE RAVEL (1875-1937)
Sonate pour violon & violoncelle

Avec Fauré et Debussy, dont il était le cadet, Ravel partage la gloire d’avoir “fait” la musique française du premier tiers du XXe siècle. Quand en 1920, Henri Prunières, directeur de la Revue Musicale, 132-136 boulevard Montparnasse, Paris XIVème, 50 francs l’abonnement d’un an pour onze numéros ordinaires et spéciaux, prépara un numéro d’hommage à Debussy, il commanda une œuvre à Ravel, entre autres compositeurs. Celui-ci, dans la veine musique de chambre innovante du disparu, écrivit un duo pour violon et violoncelle. Il n’avait sûrement pas entendu le duo pour la même combinaison de Kodaly, créé en 1918, mais peut-être une revue musicale en avait-elle rendu compte. Six mois plus tard, il entreprit de développer une sonate qu’il mettra un an à terminer. Dédiée à la mémoire de Claude Debussy, elle fut créée le 6 avril 1922 par le violoncelliste Maurice Maréchal et la violoniste Hélène Jourdan-Morhange. Celle-ci en parla dans le livre qu’elle lui consacra, « Ravel et nous » dans un style moins technique qu’elle ne le prétend, et curieusement animalier et imagé :
« Ayant eu l’inestimable privilège de travailler dans leurs moindres détails la Sonate, le Duo et le Trio avec Ravel, je voudrais rendre hommage à sa mémoire en indiquant le plus fidèlement possible les volontés et les préférences qu’il exprima pendant le travail quotidien de ces morceaux ».
La mise au point chez Ravel est si parfaite que le moindre « coup de pouce » à l’aiguille dérange tout le mécanisme de la montre. De façon générale, Ravel trouvait qu’on ne lisait pas assez scrupuleusement les indications écrites sur la partition.
« Y a-t-il un point d’orgue ? » demandait-il, ironique, à l’archet qui s’attardait avec complaisance sur la note voluptueuse.
L’interprète scrupuleux était, pour lui, le meilleur interprète : « Je me passe des grandes vedettes, répétait-il volontiers, je préfère de beaucoup les répétitions au prestige des noms ! »
Je me souviens de l’étude du Scherzo dans le Duo (premier titre de la Sonate violon-violoncelle). Il faut que les spiccati soient assez égaux de rythme et de sonorité pour passer sans heurts du violon au violoncelle. Avons-nous recommencé ce passage avec le pauvre Maréchal ! (Mon complice à la première audition, salle Pleyel ancienne, en 1922.) Nous devenions fous ! Ravel n’admettait pas la moindre petite fissure entre les sonorités pourtant si dissemblables des deux instruments. Alors… nous nous disputions !
– Mais c’est trop compliqué, disais-je pour me venger, vous faites jouer de la flûte par le violoncelle et du tambour au violon ! C’est très joli d’écrire si difficile, mais vous ne serez joué que par quelques virtuoses !
– Tant mieux, me répondait-il en riant, ainsi je ne serai pas assassiné par les amateurs !

PETERIS VASKS (1946)
Bass trip

Né en 1946 à Aizpute, il est l’un des compositeurs lettons les plus en vue, contribuant beaucoup à attirer l’attention internationale sur la musique de sa patrie. Bass Trip a été composé en 2002/03 sur commande du concours ARD de Munich. La première fut donnée par Roman Patkolo à Munich le 5 septembre 2003. La composition a certainement profité de l’expérience de contrebassiste accompli de Peteris Vasks. Il ne s’agit pas simplement d’une pièce virtuose écrite avec beaucoup de subtilités techniques, mais également d’une performance scénique surprenante et originale : l’interprète doit également faire preuve de ses qualités vocales (éventuellement siffler), en s’accompagnant lui-même d’une valse à trois temps. Le compositeur démontre une fois de plus que la contrebasse et le contrebassiste ne sont pas uniquement légèrement encombrants, mais qu’ils possèdent également des dons humoristiques très développés.

JOHANNES BRAHMS (1833-1897)
Quintette pour clarinette et cordes, op. 115

L’esprit de la musique de chambre de Brahms est celui de la « musique pure » ou, comme disent les Allemands, de la « musique absolue ». Toutefois, des prétextes d’inspiration sont parfois visibles : telle source littéraire, dans les sonates pour violon et piano ; telle impression née de la nature, et c’est le cas de la majorité de ces compositions ; plus rarement une suggestion de caractère tragique comme c’est le cas pour le Quatuor pour piano et cordes op. 60.
Superbe et chaleureux, le quintette opus 115 fut composé très rapidement, en même temps que le trio opus 115, en été 1891, à Bad Ischl. La première eut lieu à Berlin le 10 Décembre, avec Joachim au violon et Richard Mülhfeld à la clarinette, et on refusa du monde dès le 12 Décembre. Présentée à Vienne le 5 Janvier 1892 avec le clarinettiste Steiner et le quatuor Rosé, l’œuvre connut le même triomphe, la critique elle-même ayant renoncé à chercher le moindre défaut dans cette œuvre à l’architecture lucide et au sens artistique éminemment développé. Quatre mouvements, Allegretto, Adagio, Andantino et Finale pour cette formation classique avec quatuor et clarinette.

Textes : Philippe Pierre