Vendredi 21 juillet à18h30

Auditorium de Saint-Géniez d'Olt

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2017-concert-21-juillet-a-18h30-eglise-saint-geniez-d-olt2018-01-03T20:41:02+00:00

WOLFGANG AMADEUS MOZART – Quintette KV 452

Jacques Tys Hautbois / Vincent Penot Clarinette / Benjamin Chareyron Cor / Laurent Lefèvre Basson / Muhiddin Dürrüoglu Piano

JOHANNES BRAHMS – Quatuor pour piano et cordes no 1 op. 25

Julien Dieudegard
 Violon / Grégoire Vecchioni Alto / Marie Hallynck Violoncelle / Nicolas Mallarte Piano / Yann Dubost Contrebasse

Séquence III : Au-delà des époques, Vienne dans tous ses états

WOLFGANG A. MOZART (1756-1791)
Quintette KV 452

Le Quintette pour piano et vents en mi-bémol majeur K. 452 a été composé par Mozart le 30 mars 1784 et créé deux jours plus tard à Vienne. Il est écrit pour piano, hautbois, clarinette en si bémol, cor en mi-bémol et basson.
Ce qui allait demeurer sa seule partition pour piano était également celle qu’il tenait pour la meilleure des œuvres qu’il avait composées jusqu’alors. Dans un courrier adressé à son père, il écrit : « Moi-même, je le tiens pour ce que j’ai encore fait de mieux dans ma vie. »
À la fois musique de chambre raffinée, divertissement aristocratique et bel exemple de dialogue concertant, c’est effectivement une très belle réussite, que le jeune Beethoven essaiera de reproduire avec son juvénile opus 16, sans jamais l’égaler. Le premier mouvement ouvre sur une ample et majestueuse introduction, suivie d’un allegro moderato foisonnant d’idées thématiques, sans pour autant nuire à l’unité de l’ensemble. La magie mozartienne opère également dans le Larghetto central, avec de merveilleux dialogues modulants entre vents, et un développement comportant une sublime rêverie harmonique aux chromatismes audacieux, signés Mozart. Le refrain du rondo final est mémorable, noble et gracieux à la fois. Le premier thème rappelle par ses syncopes celui du premier mouvement, tandis que le second, gracieux, oscille entre plusieurs tonalités. Le développement en tonalité mineure aboutit à une cadence pour tous les instruments, avant la coda concluant par quelques mesures énergiques. L’autographe original de la partition est détenu par la bibliothèque du Conservatoire de Paris.

JOHANNES BRAHMS (1833-1897)
Quatuor pour piano et cordes no 1, op. 25

Brahms composa ce quatuor pour piano et cordes alors qu’il n’avait pas trente ans. Cette formation était encore assez rare à cette époque ; en effet seuls Mozart et Schumann l’avaient déjà employée. Les esquisses du premier quatuor remontent probablement au séjour à Detmold de 1856, et le travail se prolongea jusqu’en 1861. Cette année fut marquée par un net retour à la musique de chambre chez Brahms, avec le Sextuor Opus 18 et deux des trois quatuors avec piano ; le troisième quatuor, également ébauché en 1860, sera achevé quinze ans plus tard. Selon son habitude, Brahms en adressa une copie à son ami violoniste Joachim, afin de recueillir son avis – ce qu’il fit volontiers, jugeant le premier mouvement trop relâché, mais s’enthousiasmant sans réserve pour le dernier mouvement « à la tzigane ».
La création de l’œuvre eut lieu le 16 novembre 1861 à Hambourg, avec Clara Schumann au piano.
Le premier mouvement, Allegro, d’une écriture ample et majestueuse, comporte trois thèmes dont le premier est énoncé, en vingt-six mesures, au piano seul. Le deuxième thème, molto espressivo, apparaît au violoncelle en mode mineur. Il passera en majeur avant l’arrivée du troisième thème concluant l’exposition. Le développement qui suit utilisera exclusivement le premier thème, avec de très riches combinaisons rythmiques et contrapuntiques. Après la réexposition, le mouvement s’achève sur une coda et des nuances pianissimo.
L’Intermezzo qui suit, de caractère mystérieux, est construit en trois parties. Dans la première apparaissent deux thèmes, intimes et poétiques. L’éclairage en clair-obscur du premier motif thématique est caractéristique de Brahms. Le trio central, un animato en La Majeur, présente deux épisodes lyriques. La coda termine le mouvement pianissimo avec la reprise de la partie initiale.
Le troisième mouvement, Andante con moto, est un grand lied. Il revêt une forme tripartite : les deux premiers thèmes sont présentés deux fois, avec des accompagnements rythmiques leur donnant une allure de marche héroïque.
L’immense presto final, long de plus de 400 mesures, évoque la musique tzigane avec l’emploi de sonorités caractéristiques telles que l’imitation du Cymbalum et l’utilisation de larges cadences virtuoses jouissant d’une très grande liberté. Le rythme, le contraste puissant entre les caractères mélancoliques et joyeux, la liberté de construction, contribuent à un ensemble irrésistible à l’aspect improvisé et constituent l’une des pages les plus captivantes de la musique de chambre de Brahms.

Textes : Philippe Pierre