Jeudi 20 juillet à 21h

Église de Saint-Côme d'Olt

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2017-concert-20-juillet-a-21h-eglise-saint-come-d-olt2018-01-03T20:38:09+00:00

ANDREAS JAKOB ROMBERG – Quintette en mi mineur no1 op.41

Céline Nessi Flûte / Julien Dieudegard
 Violon / Geneviève Strosser Alto / Grégoire Vecchioni Alto / Marie Hallynck Violoncelle

BENJAMIN BRITTEN – Phantasy Quartet

Jacques Tys Hautbois / Nicolas Gourbeix Violon / Grégoire Vecchioni Alto / Guillaume Martigné Violoncelle

JOHANNES BRAHMS – Sextuor à cordes n°1 op.18

Éric Lacrouts Violon / Julien Dieudegard
 Violon / Grégoire Vecchioni Alto / Geneviève Strosser Alto / Marie Hallynck Violoncelle / Guillaume Martigné Violoncelle

Séquence II : Fantaisies et variations

ANDREAS JACOB ROMBERG (1767- 1821)
Quintette en mi mineur op. 41 no 1

Andreas Jakob Romberg est né à Vechta en 1767, dans une grande famille de musiciens aux alentours de Münster. Après des études avec son père, il donna très rapidement des concerts « en famille » à travers l’Allemagne et la France. Engagé à Bonn dans l’orchestre du Grand Electeur, il s’enfuit à Hambourg en 1793 lorsque les armées françaises traversèrent le Rhin. Sa réputation de violoniste bien établie, il donna de nombreux concerts en Italie, rencontra Beethoven à Vienne, et suscita un grand intérêt de la part de Haydn pour ses compositions. Ses derniers quatuors à corde seront effectivement dédiés à « Papa Haydn ». Le quintette en Mi mineur ouvre sur un mouvement de forme sonate tripartite, dans lequel le premier sujet occupe une place prépondérante. Un menuet conventionnel suit, avec deux trios dans lesquels la flûte développe une sinueuse mélodie.
Les cordes introduisent le mouvement lent, avant que la flûte expose le thème principal, con­duisant à l’évocation de l’hymne national anglais, mélodie reprise à plaisir dans de nombreuses compositions germaniques de l’époque.
Le dernier mouvement se consacre principalement à une conventionnelle présentation du contrepoint.

BENJAMIN BRITTEN (1913-1976)
Phantasy Quartet

Britten est reconnu comme un « classique ». Rien ne disposait d’ailleurs ce farouche indépendant aux révolutions esthétiques : un humour solide, une aversion de toute emphase, et des goûts d’artisan scrupuleux lui permirent de tenir tête à toute sollicitation avant-gardiste. Il fut l’élève de Frank Bridge. Sa première œuvre marquante date de 1932 ; les variations sur un thème de Frank Bridge, cinq ans plus tard, établissent sa réputation.

Très peu connue parmi les œuvres de Britten, La Fantaisie fut composée en 1932, et créée à Londres par le hautboïste Leon Goossens et l’International string Quartet. Cette partition combine adroitement la forme sonate avec celle de la variation. Un seul mouvement comprend plusieurs sections, introduction Andante alla Marcia contenant le thème principal, Allegro Giusto en forme sonate, de nouveau l’Andante initial avec une partie centrale pour les cordes seules, et enfin une courte récapitulation de l’Allegro de sonate avant de conclure par une coda sur le Tempo Primo de l’introduction. Cette composition, étonnante par la maturité du compositeur dans l’art de combiner les différentes structures musicales, recèle maintes subtilités, principalement dans l’agencement des variations et des tonalités.
La marche initiale débute de façon énigmatique au violoncelle solo, puis se structure peu à peu, avançant d’un pas large et mesuré avec les cordes, rejointes enfin par un hautbois plus lyrique que martial. Le mouvement s’anime brusquement à la suite d’un trille soutenu du hautbois. Le dialogue fantasque se tisse entre les protagonistes, émaillé de nombreux pizzicati fortement rythmiques. La marche initiale reprend, entêtée et obsessionnelle, puis s’assouplit et ouvre un épisode méditatif et lyrique consacré aux archets. Chaque voix s’exprime dans une grande transparence, avant la récapitulation du thème allegro. Comme libéré, le hautbois reprend avec détachement et lyrisme détaché un nouvel épisode lyrique. Après une nouvelle accélération, la coda renoue dans un processus inverse avec l’introduction, finissant en compagnie du violoncelle, s’éloignant seul et d’un pas pesant vers le silence et la nuit.

JOHANNES BRAHMS (1833-1897)
Sextuor à cordes no 1, op. 18

« Ce ne sont plus les songes fantastiques battus des vagues grises et glauques de la mer du Nord, mais de douces rêveries au bord de l’Elbe en un blond printemps » (Claude Rostand)

C’est en septembre 1860 que le compositeur termina son Sextuor opus 18 auquel il avait travaillé tout l’été à Hamm, non loin de Hambourg. On peut considérer l’opus 18 comme la première grande partition de musique de chambre parfaitement maîtrisée ; cette maîtrise résulte d’une complète assimilation des influences conjuguées d’un Haydn et d’un Beethoven. Assimilation complète, car rien ne paraît s’altérer de la personnalité brahmsienne : personnalité ici souriante, détendue, laissant agir sans artifices les charmes d’une inspiration pleine de fraîcheur, tendrement poétique. Son succès fut immédiat et prolongé : le violoniste Joachim en suscita la première audition dès le 20 octobre 1860 à Hanovre, lors d’un de ses concerts réguliers de musique de chambre, puis à Leipzig le 27 novembre suivant (Clara Schumann découvrit l’œuvre avec ravissement), enfin le 4 janvier 1861 dans la ville natale du compositeur, Hambourg (publication en 1862). L’accueil fut tel que, pendant les semaines suivantes, le Sextuor dut être redonné trois fois.
Allegro ma non troppo (à 3/4) : le mouvement initial, très ample, d’une forme sonate à trois thèmes. Les deux premiers, l’un et l’autre mélodiques, chantent dans un climat de pure sérénité : premier violoncelle d’abord, puis premier alto en sont les voix privilégiées.
Andante ma moderato (en Ré mineur, à 2/4) : il est à variations (dont il faut noter la simplicité : il ne s’agit en rien de variations amplificatrices à la manière beethovénienne). Le thème est une mélodie de style populaire – sorte de marche lente un peu grave, et parcourue tout à la fois d’un frémissement de passion intériorisée sublimant ses origines « folkloriques ».
Scherzo (Allegro molto, en Fa Majeur) : il est de coupe ternaire obligée, d’une allégresse et d’une vigueur « dansante » très beethovéniennes, le trio central (mesures 42 à 85) contrastant par son lyrisme affirmé. Après la reprise de la première partie, c’est une brillante coda, longue de vingt-quatre mesures, qui conclut più animato.
Poco allegretto e grazioso (à 2/4) : le final est un rondo dont le thème principal, introduit par le premier violoncelle, offre à nouveau cette robustesse et cette saveur populaires qui ont caractérisé plusieurs thèmes antérieurs, avec toutefois un charme, un parfum « viennois », qui semblent autant un hommage à Schubert qu’une référence à Haydn.

 Textes : Philippe Pierre